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Archives de l'auteur : prevention.suicide

FRANCE CULTURE (2012) Le suicide en France au XVIIIe siècle

mai 4th, 2014 | Publié par prevention.suicide dans histoire - (0 Commentaire)

Dominique Godineau : S’abréger les jours. Le suicide en France au XVIIIe siècle (Armand Colin) / Revue Genesis N° 34 Dossier Brouillons des Lumières (PUPS)

La période choisie est décisive, d’abord parce que le suicide change de statut juridique, passant de l’incrimination à la dépénalisation, parce qu’il s’agit d’une époque d’évolution rapide des mentalités et l’enquête de Dominique Godineau se présente aussi comme une histoire culturelle et politique des sensibilités, mais également parce que les contemporains ont eu le sentiment, à tort ou à raison, que l’époque connaissait une recrudescence de l’homicide de soi-même, en particulier sous la Révolution, et enfin parce que le mot suicide, importé d’Angleterre, un pays réputé terre d’élection de la mort volontaire, fait son entrée dans le vocabulaire français à cette époque. Le néologisme, forgé à partir du latin au XVIIe siècle, assemble sui, de soi et caedes, devenu cide, meurtre, le suffixe qu’on retrouve dans homicide, parricide ou régicide.

Montesquieu, comme Voltaire ou Beccaria, l’auteur du célèbre traité Des délits et des peines, s’inquiétaient de la férocité de la loi concernant les suicidés. « On les fait mourir, pour ainsi dire, une deuxième fois » écrit Usbek, le protagoniste des Lettres persanes et Voltaire s’engagea à deux reprises dans des affaires où le suicide était l’élément déclencheur : comme il n’avait pas déclaré celui de son fils pour éviter la honte du procès, Calas, accusé de l’avoir tué était mort sur la roue et Sirven avait également été poursuivi pour le meurtre de sa fille qui s’était jetée dans un puits. Sous l’Ancien Régime, le suicide fait partie des crimes, comme celui de lèse-majesté divine ou humaine, où la mort du prévenu ne suffit pas à éteindre les poursuites et où l’on peut faire un procès au cadavre, lequel est même écroué le temps de la procédure au grand dam des autres prisonniers incommodés par les pestilences de la putréfaction, et représenté au tribunal par un « curateur ». La peine, à la fois physique, symbolique et pécuniaire consiste pour le corps à être traîné sur une claie la tête en bas, au niveau du caniveau puis pendu par les pieds et ainsi exposé 24 heures, sa mémoire effacée et ses biens confisqués, même si des aménagements ont progressivement permis à la famille, femme et enfants, d’en conserver une partie. Il était fait obligation à quiconque découvrait un cadavre d’en aviser les autorités, et même aux proches. C’est pourquoi les parents, ainsi que le curateur désigné, avaient tout intérêt à plaider la folie, l’accident ou l’homicide maquillé en suicide quand c’était possible.

Le procès fait à un mort et instruit, selon l’expression consacrée, « en la forme ordinaire », prenait vite l’apparence du « non sense » et de l’absurde. Au cours de la confrontation le juge, comme il se doit, demandait aux témoins s’ils reconnaissaient l’accusé dans la personne du curateur qu’ils voyaient pour la première fois. Lorsque le cadavre était présenté aux témoins après la confrontation, ceux-ci ne savaient plus très bien s’ils devaient reconnaître l’accusé ou sa victime. Parfois le curateur devait se rendre en prison à l’énoncé de la sentence pour que celle-ci soit lue dans les règles. Et lorsqu’un procureur faisant preuve d’humanité dans le cas, par exemple, d’un jeune valet de ferme retrouvé pendu à une branche de chêne, orphelin tranquille et aux dires des témoins assez triste et regrettant la maison familiale, s’il voulait l’absoudre au bénéfice d’un doute improbable – a-t-il été étranglé avant d’être pendu – il ne pouvait en aucun cas évoquer la tristesse du jeune homme car elle était considérée comme un élément à charge.

Heureusement, la majorité des suicides ne donnait pas lieu à un procès. Comment établir en l’absence de témoins qu’une noyade est un suicide ? La position sociale constituait également une puissante protection. Aristocrates et membres du clergé pouvaient facilement s’y soustraire. Le tout venant des morts volontaires était en majorité des domestiques, la moitié au chômage ayant perdu leur identité sociale. Beaucoup de militaires, aussi et l’éventail complet des activités sociales. Un cas emblématique de ce siècle dit « des Lumières », par l’écho qu’il a eu même à l’étranger concerne le suicide « philosophique » de deux jeunes et beaux dragons le jour de Noël 1773, qui se brûlent la cervelle après avoir ripaillé de saucisses, boudin et pâté arrosés de trois bouteilles de champagne en bavardant avec la patronne et plaisantant avec la servante. Dans le « testament philosophique » qu’ils signent conjointement ils disent leur dégoût « de la scène universelle » en invitant les hommes à se défaire de leurs préjugés, notamment ceux qui concernent la mort, assurant « qu’il est aussi aisé de renoncer à l’existence que de quitter un habit dont la couleur nous déplaît ». L’affaire fera grand bruit, les Anti-Lumières s’en emparent pour dénoncer les ravages de la moderne philosophie et les deux militaires finiront au poteau d’infamie à l’issue de l’un des derniers procès du genre.

L’acte puissamment symbolique dénote une évolution des mentalités soutenue en effet par les philosophes. Dans son Système de la nature, d’Holbach défend le droit au suicide et David Hume publie son Essai sur le suicide, très vite traduit en français, même s’il réfute le précédent, la dispute étant en bonne logique la meilleure manière d’exposer les arguments de l’adversaire. Rousseau et Sade y mettront du leur et dans un autre registre, tournant le regard vers le romantisme naissant, Goethe donne à lire le roman de la mort volontaire avec Les souffrances du jeune Werther, disponible dans notre langue dès 1776. L’esprit de la Révolution complètera l’édifice, en associant l’amour de la liberté à la mort reçue ou choisie dans le combat sans merci contre la tyrannie. L’auteur ne dit pas si, de la prise de la Bastille à Thermidor en passant par la Terreur, le nombre des suicides, réputé à la hauteur de la succession rapide des événements, a toisé celui des charrettes.

Jacques Munier

http://prevention.suicide.free.fr/wp-content/uploads/Godineau_S_abreger%20les%20jours.mp3

Prison listener scheme – Business Behind Bars (2000)

février 16th, 2014 | Publié par prevention.suicide dans Milieu correctionnel - (0 Commentaire)

L’expérience australienne des co-detenus de soutien… (+traduction FR)

Harry Papadopoulos, a prisoner in Port Phillip Prison (AUSTRALIA), explains how the prison listener scheme operates. He says that some prisoners self-harm or get distressed by upcoming court cases, family and financial matters. Harry says that they get 250 calls a month.The scheme involves prisoners listening to other prisoners.

Exemple d’intervention des pompiers du GRIMP sur la tour Eiffel auprès du personne présentant un risque immédiat de passage à l’acte suicidaire.

FRANCE CULTURE; Emission « Sur les docks » (09/01/2014) « Suicide au travail : les employeurs devant la justice »

Les affaires de suicide au travail sont de plus en plus souvent l’objet de plaintes contre l’employeur. La plupart du temps, les affaires sont jugées au Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale. Les victimes tentent d’y faire reconnaître le suicide en accident du travail et parfois attaquent l’employeur pour faute inexcusable. Les délais sont longs et les condamnations sont souvent jugées insuffisantes par les victimes. L’entreprise étant, au pire, contrainte à prendre à sa charge le versement de la rente attribuée en réparation aux familles…

Les familles n’hésitent plus à porter plainte au pénal contre l’employeur pour homicide involontaire, évoquant même parfois la « mise à mort » par le travail.

Quelle que soit la juridiction, chaque procès est lourd, douloureux, éprouvant, la défense n’hésitant pas à mettre en avant les fragilités personnelles du salarié. La vraie difficulté étant d’établir le lien de cause à effet entre harcèlement, surcharge de travail ou mauvaise organisation du travail et suicide.

Bien plus que de demander une réparation (impossible) la motivation des familles semble plutôt qu’on établisse la gravité des faits ainsi que la responsabilité. Ne plus avoir à faire à un management qui joue avec le moral de ses employés.

Frédérique Guillon, secrétaire de l’ASD Pro, expose les difficultés à faire reconnaître les suicides en accidents du travail

FRANCE CULTURE (2014) « Burn out », le combat d’Ilma

février 3rd, 2014 | Publié par prevention.suicide dans SOUFFRANCE AU TRAVAIL - (0 Commentaire)

FRANCE CULTURE, Emission les pieds sur terre (06/01/2014) « Burn out », le combat d’Ilma

Ilma Choffel, veuve d’un cadre supérieur de la Poste, se rend au cabinet d’avocat Teissonnière qui lutte contre la délinquance industrielle, et expose le cas de son mari, qui s’est suicidé à 51 ans à la suite d’un « burn out ».

Reportage : Inès Léraud; Réalisation : Alexandra Malka

Prévenir le suicide par l’entraide: le gouvernement français a l’intention de s’inspirer d’une initiative espagnole, qui a fait baisser le nombre de suicide dans les prisons en formant des détenus, dits « anges gardiens ». Durée: 2min11 (2009)

De nouvelles échelles de risque suicidaire dans le DSM-5

décembre 22nd, 2013 | Publié par prevention.suicide dans Recherche - (0 Commentaire)

à lire sur http://www.psychomedia.qc.ca

L’American Psychiatric Association (APA) a rendu publique, sur son site internet, une version préliminaire des critères diagnostiques pour la 5e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), communément appelé DSM (DSM-V). Ce manuel constitue la référence la plus largement utilisée pour le diagnostic des troubles psychiatriques par les professionnels de santé dans plusieurs pays.

De nouvelles échelles de risque suicidaire pour les adultes et les adolescents sont ajoutées afin d’aider à identifier les personnes les plus à risque, avec pour but d’améliorer les interventions pour un large éventail de troubles mentaux; les échelles incluent des critères basés sur les recherches tels que le comportement impulsif et l’abus d’alcool chez les adolescents.

Voir aussi l’article sur ce sujet paru dans le huffington post:

The new guidebook, published in May, has a greater focus on suicidal ideation and behaviors as a cross-cutting issue of mental disorders and introduces new ways of interpreting and reacting to both.

First, chapters throughout DSM-5 now identify particular characteristics that make people more vulnerable to suicide. This risk is specifically recognized in diagnoses from anorexia nervosa to schizophrenia to post-traumatic stress disorder, a reflection of research that has shown elevated risk to be a concern not just with depressive or personality disorders. For example, the text notes that suicide rates of 12 per 100,000 annually are reported with anorexia and that comprehensive evaluation of individuals with this diagnosis should include assessment of suicide-related ideation and behaviors. By directing attention to the suicidal patterns associated with a range of diagnoses, DSM-5 helps clinicians provide the best patient care — and save lives.

In addition, a new component of the manual called Section III includes several assessment tools to assist clinicians in evaluating patients consistently and comprehensively. These cross-cutting symptom measures target more general mental function as well as severity measures that are disorder specific. They assess an individual in 13 different psychological domains, one of which is suicide. The measures are directed toward the diagnostic and treatment limitations of a strictly categorical construct. Symptoms, like suicidal behavior, often do not fit precisely into a single category.

 

FRANCE INTER (2013) Le suicide des agriculteurs

novembre 9th, 2013 | Publié par prevention.suicide dans Rapports - (0 Commentaire)

 FRANCE INTER , Emission « Le téléphone sonne » (28/10/2013) Le suicide des agriculteurs

Selon l’Institut de veille sanitaire, sur les bases d’une étude inédite, 485 agriculteurs se sont donnés la mort en France de 2007 à 2009. Pourquoi tant de drames se nouent-ils dans les campagnes françaises ?

Jean-Louis Pan Ké Shon Suicides en situation d’enfermement au début du XXIesiècle, Approche compréhensive à partir de la dernière lettre des suicidés en prison

Revue Sociologie, N°2, vol. 4 | 2013
sociologieLes raisons exprimées dans les dernières lettres de prisonniers s’étant suicidé permettent de mieux comprendre la diversité des situations et des tensions qui conduisent au suicide. L’analyse du contenu de ces lettres révèle sept classes distinctes de suicidés : les prisonniers « à bout », dans l’incapacité de s’adapter à un univers de fortes contraintes, les « ostracisés » malmenés par les autres détenus, les (futurs) » sortants » de prison déstabilisés par l’appréhension d’une réinsertion problématique et du regard des relations hors prison, les « protestataires » instrumentalisant leur suicide de façon vindicative, ceux qui ne peuvent accepter une « rupture » sentimentale, les suicidés « remords‑culpabilité » qui sont affectés par la honte, le remords et la culpabilité, et enfin la classe « injustice » dont le suicide de ses membres représente une échappatoire à l’injustice carcérale ou judiciaire. Les suicides en prison n’entrent donc pas dans un schéma unique des théories sociologiques du suicide mais dans des schémas diversifiés dont rend compte plus aisément la sociologie de la santé mentale, même si le suicide carcéral ne se réduit pas à une dimension individuelle des tensions mentales. Les résultats de cette étude conduisent ainsi à réexaminer les actions préventives des suicides en situation d’enfermement et indirectement interrogent l’accentuation de la propension à incarcérer depuis le début des années 2000.