RESSOURCES POUR LA PRÉVENTION DES RISQUES SUICIDAIRES
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Un Observatoire national du suicide créé en 2013

En France, 200 000 tentatives de suicide donnent lieu à un contact avec le système de soins et près de 10 500 personnes décèdent par suicide , soit près de trois fois plus que par accidents de la circulation chaque année. Ce phénomène, reconnu comme un problème de santé publique depuis la fin des années 1990, a conduit à la mise en place d’une politique spécifique de prévention du suicide.

Le Programme national d’actions 2011-2014 a succédé à la Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 et en 2013, un Observatoire national du suicide (ONS) a été mis en place (décret n° 2013-809 du 9 septembre 2013). La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) en assure le secrétariat et le directeur de la Drees la présidence déléguée.

L’Observatoire est chargé de coordonner et d’améliorer les connaissances sur le suicide, les tentatives de suicide et les moyens d’y faire face, ainsi que de produire des recommandations, notamment en matière de prévention.

Il est composé d’experts, de professionnels de santé, de parlementaires, de représentants d’administrations centrales et de représentants d’associations de familles et d’usagers.

Voir le:

Le premier rapport annuel

rapport-onsLe premier rapport de l’Observatoire national du suicide a été remis le 2 décembre 2014 à la ministre chargée de la santé. Il constitue un premier état des lieux des connaissances sur le suicide et les tentatives de suicide en France et comporte des premières recommandations qui vont servir à l’élaboration d’un nouveau programme national d’actions contre le suicide.

Le rapport met en évidence des inégalités sociales très marquées : les agriculteurs exploitants sont deux à trois fois plus touchés par le suicide que les cadres ; le suicide touche davantage les ouvriers que les cadres. Les personnes sans activité salariée sont les plus touchées.

Le rapport 2014 de l’Observatoire national du suicide (pdf, 2.8 Mo), 221 pages.

Si le lien est brisé: rapport_ONS_2014

Sur le site du ministère de la Santé

Science et Avenir (9 oct 2015) La chirurgie bariatrique entraînerait chez certains patients de graves conséquences psychologiques. Un risque à prendre en compte lors du suivi post-opératoire.

Des personnes obèses ayant subi une chirurgie bariatrique pour perdre du poids ont 50 % plus de probabilité de faire une tentative de suicide qu’avant l’intervention, selon une étude publiée mercredi 7 octobre 2015 dans la revue médicale américaine JAMA Surgery. Les scientifiques ont épluché les dossiers médicaux de 8.815 habitants de la province canadienne d’Ontario (Canada) ayant subi une chirurgie bariatrique entre 2006 et 2011. Ces patients ont été suivis pendant six ans, à savoir trois ans avant et trois ans après l’intervention.

Les tentatives ont lieu 2 à 3 ans après l’intervention

Dans ce groupe, 111 personnes ont été prises en charge aux urgences hospitalières pour 158 tentatives de suicide au total. Les scientifiques ont mis en lumière qu’un tiers avaient eu lieu avant l’intervention et les deux-tiers dans les trois ans l’ayant suivi, soit un accroissement de 50 % du risque. La majorité des tentatives de suicide a été commise par des personnes ayant souffert de troubles mentaux dans le passé, ont constaté les auteurs. De précédentes études avaient déjà montré que les suicides étaient nettement plus fréquents chez les personnes ayant subi cette opération que dans le reste de la population. Elles n’avaient pas déterminé si cela résultait de l’intervention elle-même ou du taux élevé de problèmes mentaux liés à l’obésité. Selon d’autres études, un grand nombre d’obèses ont fait part d’une amélioration de leur moral et de leur estime de soi après cette chirurgie, mais une petite minorité a souffert d’une aggravation de leur dépression et des troubles alimentaires. Les chercheurs canadiens ont souligné que les tentatives de suicide se sont produites pour la plupart entre les deuxième et troisième années après l’opération. Ce qui montre la nécessité d’un suivi plus long de ces patients, ont-ils conclu.

Après l’opération, les habitudes alimentaires doivent changer profondément. Des experts ont avancé que des patients avaient tendance à substituer la nourriture par de l’alcool. Pour d’autres, un pontage gastrique (aussi nommé « bypass gastrique ») pourrait affecter le niveau des hormones et des neurotransmetteurs dans les intestins qui jouent un rôle important pour réguler l’humeur et l’appétit. Aux États-Unis, près de 200.000 interventions bariatriques ont été réalisées en 2014, et plus de 50.000 opérations ont lieu en France chaque année. Elles ont permis d’importantes pertes de poids chez la plupart des obèses ainsi qu’une réduction du diabète adulte dit de type 2 notamment.

Lire la suite de l’article sur le site de science et Avenir

Géraldine Duthé, Angélique Hazard, Annie Kensey (2014) Revue Population-F, 69 (4), 2014, 007-038 : Suicide des personnes écrouées en France : évolution et facteurs de risque

L’univers carcéral est-il propice au suicide ? L’est-il davantage aujourd’hui? Dans un article de Population paru il y a près de 40 ans, Jean-Claude Chesnais établissait pour la France une nette sursuicidité des personnes détenues par rapport à la population libre. À partir des données administratives de la direction de l’Administration pénitentiaire du ministère de la Justice, Géraldine Duthé, Angélique Hazard et Annie Kensey mettent à leur tour en évidence la sursuicidité de la population masculine écrouée par rapport à la population générale. Tandis que les taux de suicide ont relativement peu varié au cours du temps dans la population générale, ils n’ont cessé d’augmenter en prison et y sont aujourd’hui sept fois plus fréquents qu’en milieu libre. Analysant le suicide des personnes écrouées entre 2006 et 2009, les auteurs identifient les principaux facteurs de risque liés à la condition carcérale

 

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Suicide au travail et effet Werther: à propos des suicides à France Telecom

Effet Werther

L’effet Werther ou suicide mimétique est un phénomène mis en évidence en 1982 par le sociologue américain David Philipps, qui a étudié la hausse du nombre de suicides suivant la parution dans les médias d’un cas de suicide. Le nom est inspiré par une vague de suicides s’étant produit en Europe lors de la parution du roman de Goethe, Les Souffrances du jeune Werther .

Le roman Les souffrances du jeune Werther, a été publié en 1774. Il raconte le suicide d’un jeune homme à la suite d’amours déçues. Peu après sa parution, une mode s’empare des jeunes allemands, qui imitent les façons vestimentaires du couple sujet du roman, Charlotte et Werther. Pendant les mois qui suivent, on assiste à une vague de suicides par revolver selon les mêmes modalités que celle utilisées par le héros, qui conduit l’Église à demander l’interdiction du livre en Europe, et les autorités allemandes à Leipzig, danoise à Copenhague, et italiennes, à réaliser cette interdiction.

Umberto Eco s’interroge sur le fait qui pousse des être humains réels à compatir aux souffrances de héros de fiction plus volontiers qu’au sort d’inconnus dans le monde vivant des souffrances réelles. Il conclut que « la fiction suggère que peut-être notre vision du monde réel est aussi imparfaite que celle des personnages de fiction. C’est pourquoi des personnages de fiction réussis deviennent des exemples primordiaux pour la condition humaine « réelle ». »

L’effet Werther de David Phillips
En 1974, le sociologue David Philips indique que, malgré ces interdictions, le lien de cause à effet entre cette vague de suicides et la parution du roman n’a pas pu être étudiée. Il cite Durkheim, pour qui, si le suicide d’un proche peut générer quelques cas dans son entourage, ceci ne peut affecter une hausse du taux de suicide au niveau national. Toutefois, en étudiant les cas de suicide entre 1947 et 1968 en Angleterre et aux États-Unis, Phillips démontre une corrélation entre publication dans la presse de cas de suicide, et hausse des suicides immédiatement après, la corrélation étant d’autant plus forte que la relation du cas a été très médiatisée. En 1986, il constate le même type de corrélations dans les sept jours suivants, en s’appuyant cette fois-ci sur des cas relatés par la télévision au niveau national. Il montre que là encore la hausse est d’autant plus grande que le relayage médiatique a été intense. Bien que d’autres théories aient pu être avancées, dont des causes d’erreur de traitement statistique, il conclut à un lien direct entre exposition par la télévision et hausse du taux. Il baptise ce phénomène d’effet Werther. Il dupliquera l’année suivante ces études à des œuvres de fiction.

Il réalise enfin une synthèse de ses travaux en 1992, sous le titre Suicide and the media, où il met en avant des effets d’imitation et de suggestion.

(Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre).

http://prevention.suicide.free.fr/wp-content/uploads/suicide_mimetique.mp4

Extrait de l’émission « Spécimen », de la télévision suisse RTS (2014) Non verbal et mirroring – Effet caméléon : tous des moutons?

à lire sur http://www.psychomedia.qc.ca

L’American Psychiatric Association (APA) a rendu publique, sur son site internet, une version préliminaire des critères diagnostiques pour la 5e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), communément appelé DSM (DSM-V). Ce manuel constitue la référence la plus largement utilisée pour le diagnostic des troubles psychiatriques par les professionnels de santé dans plusieurs pays.

De nouvelles échelles de risque suicidaire pour les adultes et les adolescents sont ajoutées afin d’aider à identifier les personnes les plus à risque, avec pour but d’améliorer les interventions pour un large éventail de troubles mentaux; les échelles incluent des critères basés sur les recherches tels que le comportement impulsif et l’abus d’alcool chez les adolescents.

Voir aussi l’article sur ce sujet paru dans le huffington post:

The new guidebook, published in May, has a greater focus on suicidal ideation and behaviors as a cross-cutting issue of mental disorders and introduces new ways of interpreting and reacting to both.

First, chapters throughout DSM-5 now identify particular characteristics that make people more vulnerable to suicide. This risk is specifically recognized in diagnoses from anorexia nervosa to schizophrenia to post-traumatic stress disorder, a reflection of research that has shown elevated risk to be a concern not just with depressive or personality disorders. For example, the text notes that suicide rates of 12 per 100,000 annually are reported with anorexia and that comprehensive evaluation of individuals with this diagnosis should include assessment of suicide-related ideation and behaviors. By directing attention to the suicidal patterns associated with a range of diagnoses, DSM-5 helps clinicians provide the best patient care — and save lives.

In addition, a new component of the manual called Section III includes several assessment tools to assist clinicians in evaluating patients consistently and comprehensively. These cross-cutting symptom measures target more general mental function as well as severity measures that are disorder specific. They assess an individual in 13 different psychological domains, one of which is suicide. The measures are directed toward the diagnostic and treatment limitations of a strictly categorical construct. Symptoms, like suicidal behavior, often do not fit precisely into a single category.

 

INSERM (2006) La mortalité par suicide en France en 2006

Albertine AOUBA, Françoise PÉQUIGNOT, Laurence CAMELIN, Françoise LAURENT et Éric JOUGLA – CépiDc – INSERM

En 2006, plus de 10 400 décès par suicide ont été enregistrés en France métropolitaine. Les suicides sont aux trois quarts masculins. Le taux de suicide a baissé de 20 % en 25 ans, mais il a diminué trois fois moins vite que l’ensemble des morts violentes. En outre, depuis 2000, il augmente pour les 45-54 ans, notamment pour les hommes.

Pour les 25-34 ans, les suicides constituent la première cause de mortalité pour les hommes et la deuxième pour les femmes, derrière les tumeurs. Le taux desuicide augmente avec l’âge, plus fortement pour les hommes que pour les femmes. Le principal mode de suicide est la pendaison pour les hommes et la prise de médicaments pour les femmes. Les taux de décès par suicide les plus élevés sont le fait des veufs et des divorcés.

Les disparités régionales de mortalité par suicide sont marquées : les régions de l’Ouest et dans une moindre mesure du Nord et du Centre sont nettement au-dessus de la moyenne nationale. Au sein de l’Europe de l’Ouest, la France présente les taux de décès par suicide les plus élevés après la Finlande.

Études et résultats – 702 – La mortalité par suicide en France en 2006  (pdf – 605.7 ko – 4/12/2009 )

SEMAINE MÉDICALE DE LORRAINE NANCY 2012 – ACTUALITÉ SUR LA PRISE EN CHARGE DES SUICIDANTS. 

Crina PAPUC, Arnaud COLAS (Service de psychiatrie CPN de Laxou): Évaluation  du risque suicidaire : les techniques  en RUD (SML Novembre 2012)

Fabienne LIGIER (PH) Suicide et tentative de suicide chez l’enfant et l’adolescent (SML Novembre 2012)

Dr Pichené: Les dispositifs de veille après TS ou comment rester en contact (Connectedness) (SML Novembre 2012)

Caroline FARRUGIA (2012) LE SUICIDE EN MILIEU PÉNITENTIAIRE ; ETAT DES LIEUX ET ENQUÊTE  PRELIMINAIRE SUR LA FORMATION DU PERSONNEL

image_hippocratesRésumé:
Le suicide est un réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines qu’il provoque, que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne. C’est toujours un événement douloureux, qui renvoie à la culpabilité des proches et à la responsabilité des personnes présentes. En milieu carcéral, le nombre des suicides augmente significativement depuis plusieurs années. Ainsi, l’Administration pénitentiaire et les Ministères de la Santé et de la Justice se sont saisis du problème. Deux rapports ont été publiés en 2004 et en 2009. Leur mission était d’évaluer et de proposer un programme de prévention du suicide des personnes détenues. Ces deux rapports concluent à une série de recommandations, dont un des axes principaux est la formation spécifique de l’ensemble du personnel intervenant en milieu pénitentiaire. En Juin 2012, nous avons réalisé une enquête sur la formation spécifique à la prévention du suicide des personnels intervenant en prison. Il s’agit d’un questionnaire d’auto-évaluation, distribué à l’ensemble du personnel de la Maison d’Arrêt de Grenoble-Varces. Les résultats confirment l’hypothèse de départ du manque de formation spécifique des personnes travaillant en prison. En effet, moins de la moitié du personnel a reçu cette formation. De plus, certaines personnes y ont assisté il y a plus de dix ans, et aurait besoin d’un rappel de formation. Au total, la moitié du personnel ressent un besoin de formation complémentaire, et ne se sent pas bien formé en tant qu’acteur de la prévention du suicide. Cependant, les réponses concernant les données épidémiologiques sont rassurantes. Les facteurs de risques de suicide et les périodes les plus à risque sont repérés par les intervenants. De même, les moyens de suicide les plus utilisés sont connus. Finalement, huit ans après le premier rapport ministériel, on constate que les objectifs prédéfinis en termes de formation des intervenants ne sont pas atteints.

Thèse Caroline FARRUGIA

(Si le lien est brisé: 2012GRE15097_farrugia_caroline_1_D)

Statistiques pénales annuelles sur la population carcérale et sur les mesures et sanctions appliquées dans la communauté (03/05/2013)

Parutions des derniers bulletins statistiques du conseil de l’Europe (voir Space I p136)

http://www3.unil.ch/wpmu/space/files/2013/05/SPACE-1_2011_English.pdf

http://www3.unil.ch/wpmu/space/files/2011/02/Council-of-Europe_SPACE-II-2011-E.pdf

Derniers chiffres concernant les taux de suicides en prison:

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On constate dans cette compilation annuelle de données sur les prisons européennes que la grande majorité des pays voisins de la France ont des taux moins élevés de suicide, comme l’Allemagne (8,1), l’Italie (8,0) ou encore la Suisse (9,7) .

Parmi les quelques pays ayant des taux plus élevés que la France figurent les Pays-Bas (17) et la Belgique (16,7).

Certains pays comme l’Espagne, la Pologne, l’Ukraine, la Roumanie ou la Bulgarie ont eux des taux déclarés sensiblement inférieurs à la moyenne, et plusieurs petits pays n’ont recensé aucun suicide.

Mais les comparaisons doivent être nuancées, préviennent les auteurs du rapport, soulignant que les différents pays n’employaient pas forcément les mêmes méthodes pour établir les données transmises.

 

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En France, le taux de suicide dans les prisons est deux fois supérieur à la moyenne constatée dans les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, selon le rapport SPACE I 2011 publié  à Strasbourg par l’organisation paneuropéenne (publié le 03/05/2013), basé sur les chiffres des années 2010/2011.

 

Il y a eu en France 95 suicides de détenus en 2010, année de référence du rapport sur ce point, soit un taux de 15,5 suicides pour 10.000 détenus, contre une moyenne de 6,7 pour l’ensemble des pays membres.

Référence: Chapitre sur les suicide en prison, Council of Europe, SPACE I 2011