RESSOURCES POUR LA PRÉVENTION DES RISQUES SUICIDAIRES
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The Howard League for Penal Reform

Obviously the main cost of prison suicides are the emotional pain for the family and friends, prisoners and prison staff and for all those who knew the individual who died, as well as the tragedy of a life cut needlessly short.

The Howard League for Penal Reform has raised awareness about prison suicides for many years, with increased attention over recent months which has seen the prison suicide rate shoot up.

Yesterday (12 February 2016), they published a research briefing on the financial costs of prison suicides in a further attempt to galvanise government action in suicide prevention.

The headline figures are shocking:

There were 95 suicides in prison in the 12 months to September 2015. It is estimated that the cost of these suicides is at least £160m and could be as high as £300m

What are the costs of prison suicides?

There has been no published research on the economic costs of prison suicide. The costs resulting from a suicide in prison are likely to be substantially higher than the average cost of suicide (itself estimated at £1.67 million) due to the impact a death has on the prison service as well as wider society.

If costs for the 95 suicides in prison in the 12 months to September 2015 were equivalent to the costs of a suicide in the community this would amount to around £150m.

However, the Howard League argues that additional costs associated with deaths in custody will likely substantially raise these costs. Taking these into account, the costs could be anywhere between £160m and £300m. Some of the extra costs are detailed below:

Financial impact on prisons

A death in custody will have an economic impact on prison budgets. Staff have to comply with statutory duties following the death of a prisoner and this will impact on their working day. Resources will also be required to provide additional counselling and support for staff and prisoners affected by the death.

This is of particular concern at a time when the number of prison sector staff has been reduced so sharply – 30% over the last three years.

Additionally, and unsurprisingly, studies on the impact of suicide on frontline staff have shown it can lead to increased rates of sickness and absenteeism, resulting in additional costs.

lire la suite de l’article

Géraldine Duthé, Angélique Hazard, Annie Kensey (2014) Revue Population-F, 69 (4), 2014, 007-038 : Suicide des personnes écrouées en France : évolution et facteurs de risque

L’univers carcéral est-il propice au suicide ? L’est-il davantage aujourd’hui? Dans un article de Population paru il y a près de 40 ans, Jean-Claude Chesnais établissait pour la France une nette sursuicidité des personnes détenues par rapport à la population libre. À partir des données administratives de la direction de l’Administration pénitentiaire du ministère de la Justice, Géraldine Duthé, Angélique Hazard et Annie Kensey mettent à leur tour en évidence la sursuicidité de la population masculine écrouée par rapport à la population générale. Tandis que les taux de suicide ont relativement peu varié au cours du temps dans la population générale, ils n’ont cessé d’augmenter en prison et y sont aujourd’hui sept fois plus fréquents qu’en milieu libre. Analysant le suicide des personnes écrouées entre 2006 et 2009, les auteurs identifient les principaux facteurs de risque liés à la condition carcérale

 

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The guardian (17 octobre 2014) Inmate suicide figures expose human toll of prison crisis

  • Data obtained by Guardian reveals more than six prison suicides a month
  • Stories behind statistics show young men and mentally ill at high risk
  • Officials blame budget cuts for inadequate staff numbers and lack of training

The human toll of the crisis gripping prisons in England and Wales is exposed with new figures obtained by the Guardian revealing that 125 prisoners have killed themselves in 20 months – an average of more than six a month.

For the first time the Guardian has identified the individuals behind the statistics that show suicide is at its highest rate in prisons for nine years, and there is no sign that the scale of the tragedy is being checked.

The investigation, which examined all suicides between January 2013 and 28 August 2014, found four women and 121 men, aged between 18 and 74, killed themselves in the adult prison system.

Since then and up to 2 October another nine men, aged between 21 and 46, killed themselves, bringing the total number of self-inflicted deaths since January 2013 to 134. Three people killed themselves on one day, 1 September 2014.

The Prison Service ombudsman, Nigel Newcomen, described the deaths as “utterly unacceptable” in a modern age and said they reflected the “rising tide of despair” across the prison system. He said his recommendations to save future lives were being ignored.

“There is no question the Prison Service is more challenged now than [it has been] in a generation,” Newcomen said. “My job is to draw lessons from these individual human tragedies and I don’t think that adequate heed has been taken of them.”

He said the “appalling upsurge in suicides” meant there was a need to review the approach within prisons, including “more resources being applied”.

The Guardian looked at every case of suicide in the prison system over the 20-month period. Included among them

retrouvez l’intégralité de l’article sur le site du guardian

 

L’expérience australienne des co-detenus de soutien… (+traduction FR)

Harry Papadopoulos, a prisoner in Port Phillip Prison (AUSTRALIA), explains how the prison listener scheme operates. He says that some prisoners self-harm or get distressed by upcoming court cases, family and financial matters. Harry says that they get 250 calls a month.The scheme involves prisoners listening to other prisoners.

Prévenir le suicide par l’entraide: le gouvernement français a l’intention de s’inspirer d’une initiative espagnole, qui a fait baisser le nombre de suicide dans les prisons en formant des détenus, dits « anges gardiens ». Durée: 2min11 (2009)

Jean-Louis Pan Ké Shon Suicides en situation d’enfermement au début du XXIesiècle, Approche compréhensive à partir de la dernière lettre des suicidés en prison

Revue Sociologie, N°2, vol. 4 | 2013
sociologieLes raisons exprimées dans les dernières lettres de prisonniers s’étant suicidé permettent de mieux comprendre la diversité des situations et des tensions qui conduisent au suicide. L’analyse du contenu de ces lettres révèle sept classes distinctes de suicidés : les prisonniers « à bout », dans l’incapacité de s’adapter à un univers de fortes contraintes, les « ostracisés » malmenés par les autres détenus, les (futurs) » sortants » de prison déstabilisés par l’appréhension d’une réinsertion problématique et du regard des relations hors prison, les « protestataires » instrumentalisant leur suicide de façon vindicative, ceux qui ne peuvent accepter une « rupture » sentimentale, les suicidés « remords‑culpabilité » qui sont affectés par la honte, le remords et la culpabilité, et enfin la classe « injustice » dont le suicide de ses membres représente une échappatoire à l’injustice carcérale ou judiciaire. Les suicides en prison n’entrent donc pas dans un schéma unique des théories sociologiques du suicide mais dans des schémas diversifiés dont rend compte plus aisément la sociologie de la santé mentale, même si le suicide carcéral ne se réduit pas à une dimension individuelle des tensions mentales. Les résultats de cette étude conduisent ainsi à réexaminer les actions préventives des suicides en situation d’enfermement et indirectement interrogent l’accentuation de la propension à incarcérer depuis le début des années 2000.

Instructions – Suicides par suspension on strangulation (21 mars 1877)

pendaison1897Monsieur le Préfet,

bien que des tentatives de suicide dans les maisons d’arrêt de Justice et de correction, grâce à la vigilance des gardiens, ne se produisent pas fréquemment, il m’a paru utile de mettre les agents de ces établissements en position de donner des soins immédiats aux détenus qui ont essayé d’attenter à leurs jours par suspension ou strangulation.
A cet effet, j’ai chargé MM. les Inspecteurs généraux du service sanitaire attachés à mon ministère, de rédiger une instruction spéciale, a la portée des agents de garde et de surveillance des établissements pénitentiaires. Cette instruction contient, dans une forme sommaire, l’indication des principaux moyens a employer, en attendant l’arrivée des médecins, pour essayer de rappeler à la vie les individus qui auraient mis à exécution leurs projets de suicide. J’ai l’honneur de vous en adresser des exemplaires et je vous recommande de veiller a ce que les prescriptions consignées dans cette note soient scrupuleusement observées. J’en fais transmettre au directeur des prisons de votre département un nombre suffisant pour que chaque gardien puisse en avoir un exemplaire entre les mains.
Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération très distinguée,
Le Président du Conseil, Ministre de l’Intérieur,
Signé : Jules Simon.

21 mars 1877. – Instruction sur les moyens à employer pour essayer de rappeler à la vie, en attendant l’arrivée du médecin, un homme pendu ou ayant tenté de s’étrangler.

Les moyens suivants doivent être employés dans l’ordre où ils sont indiqués.
  1.  Couper la corde
  2.  Desserrer rapidement le lien
  3.  S’il n’y est, porter le malade à l’air
  4.  Le placer la tête haute
  5.  Frictionner fortement la poitrine
  6.  Faire avec la main, alternativement, sur la poitrine et sur le ventre, de légères pressions, pour établir un mouvement analogue à celui qui se produit par la respiration,
  7.  Chercher à provoquer le vomissement, en introduisant un doigt au fond de la bouche
  8.  Appliquer la bouche sur celle du malade entreouverte et respirer fort, pour introduire de l’air dans sa poitrine
  9.  Si l’on a à sa portée un fer rouge, un charbon allumé, ou même de l’eau bouillante, brûler ou échauder rapidement quelques points peu étendus sur la poitrine.

Tous ces moyens doivent être successivement tentés, sans se décourager, jusqu’à l’arrivée du médecin.

Face au fléau du suicide en prison, l’administration pénitentiaire développe les « ange-gardiens », des détenus qui viennent en aide aux autres détenus. Reportage de BFMTV dans la maison d’arrêt de Villepinte, l’une des quatre prisons en France pionnière sur ce dispositif.

Statistiques pénales annuelles sur la population carcérale et sur les mesures et sanctions appliquées dans la communauté (03/05/2013)

Parutions des derniers bulletins statistiques du conseil de l’Europe (voir Space I p136)

http://www3.unil.ch/wpmu/space/files/2013/05/SPACE-1_2011_English.pdf

http://www3.unil.ch/wpmu/space/files/2011/02/Council-of-Europe_SPACE-II-2011-E.pdf

Derniers chiffres concernant les taux de suicides en prison:

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On constate dans cette compilation annuelle de données sur les prisons européennes que la grande majorité des pays voisins de la France ont des taux moins élevés de suicide, comme l’Allemagne (8,1), l’Italie (8,0) ou encore la Suisse (9,7) .

Parmi les quelques pays ayant des taux plus élevés que la France figurent les Pays-Bas (17) et la Belgique (16,7).

Certains pays comme l’Espagne, la Pologne, l’Ukraine, la Roumanie ou la Bulgarie ont eux des taux déclarés sensiblement inférieurs à la moyenne, et plusieurs petits pays n’ont recensé aucun suicide.

Mais les comparaisons doivent être nuancées, préviennent les auteurs du rapport, soulignant que les différents pays n’employaient pas forcément les mêmes méthodes pour établir les données transmises.

 

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En France, le taux de suicide dans les prisons est deux fois supérieur à la moyenne constatée dans les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, selon le rapport SPACE I 2011 publié  à Strasbourg par l’organisation paneuropéenne (publié le 03/05/2013), basé sur les chiffres des années 2010/2011.

 

Il y a eu en France 95 suicides de détenus en 2010, année de référence du rapport sur ce point, soit un taux de 15,5 suicides pour 10.000 détenus, contre une moyenne de 6,7 pour l’ensemble des pays membres.

Référence: Chapitre sur les suicide en prison, Council of Europe, SPACE I 2011